Athlètes-créateurs : pourquoi un basketteur se monétise mieux qu'un joueur de football

Un athlète-créateur engage davantage son audience que la moyenne des créateurs, mais son potentiel publicitaire dépend surtout de son exposition réelle à la caméra, et sa liberté de partenariat reste bridée par plusieurs couches de contrats d'équipe qu'un créateur classique ne connaît pas.

Sur dix mois, un joueur moyen publie 89 fois sur Instagram en NFL, 83 en NBA, 40 au baseball et 14 en hockey NHL, et son sponsoring reste bridé par des sponsors en couches et l'absence de droits sur les images de ses exploits

Le casque qui rend invisible, le maillot qui dilue

Une étude mondiale de l'engagement Instagram en 2019 classait le sport en deuxième catégorie la plus engageante (3,08 %), juste derrière la photographie. Mais ce potentiel dépend surtout de l'exposition réelle à l'écran : un sport individuel (golf, tennis) expose directement l'athlète et l'équipement qu'il porte, tandis qu'un sport collectif le dilue dans un uniforme d'équipe, et le port du casque en football américain réduit encore sa visibilité faciale. Le basketball occupe une position intermédiaire particulièrement favorable, sans casque et avec des caméras souvent focalisées sur des joueurs individuels.

Des sponsors en couches, et aucun droit sur son propre contenu

La spécialiste T. Bettina Cornwell compare la structure du sponsoring d'équipe à une pelure d'oignon (stade, ligue, équipe) : plus les couches s'accumulent, plus il devient difficile pour un athlète de conserver une liberté de partenariat individuel. Blake Lawrence illustre une contrainte « dure » par un cas hypothétique : si Pepsi est sponsor officiel de la NFL, un concurrent comme Coca-Cola ne peut mobiliser que cinq joueurs NFL au maximum sans violer l'accord de licence collective qui protège Pepsi. Autre différence structurelle avec un créateur classique : un athlète ne possède généralement aucun droit sur les images de ses propres exploits filmées par sa ligue, un joueur ne pouvant par exemple pas légalement partager une séquence marquante d'un Super Bowl.

Trois questions qui ont créé Opendorse

Blake Lawrence, ancien footballeur universitaire contraint à l'arrêt par des commotions cérébrales, a fondé Opendorse en 2011 après un appel de son ami Prince Amukamara, tout juste drafté par les New York Giants, avec trois questions : que vaut mon audience, comment la faire grandir, comment la monétiser. La fréquence de publication varie ensuite fortement selon le sport : sur dix mois, un joueur NFL moyen publiait 89 fois sur Instagram contre seulement 14 pour un joueur de hockey NHL, un écart que Lawrence attribue à la culture propre à chaque discipline plutôt qu'à la seule rémunération.

Points clefs à retenir

Le pouvoir commercial d'un athlète-créateur, qu'il soit vétéran ou jeune espoir, décline mécaniquement à mesure que ses victoires sportives se raréfient.

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