Cadre juridique français de l'influence commerciale : loi, contrat écrit et amendes 2026
La France encadre l'influence commerciale par une loi dédiée depuis 2023 : définition légale précise, statut d'agent d'influenceur, obligations contractuelles. Le cadre continue de se préciser en 2025-2026, avec un contrat écrit désormais obligatoire au-delà de 1 000 € et de nouvelles interdictions sectorielles.
La définition légale de l'influence commerciale et sa portée
La loi n° 2023-451 du 9 juin 2023, modifiée en novembre 2024, définit l'activité d'influence commerciale comme le fait, à titre onéreux, de mobiliser sa notoriété auprès de son audience afin de promouvoir directement ou indirectement des biens, services ou causes par voie électronique. Trois éléments cumulatifs sont requis : rémunération, mobilisation de la notoriété, objectif promotionnel. Un créateur qui publie sans contrepartie financière, ou sans visée commerciale, n'exerce pas d'influence commerciale au sens de cette loi, même avec une audience importante.
La loi définit l'influence commerciale comme le fait, à titre onéreux, de mobiliser sa notoriété auprès de son audience afin de promouvoir directement ou indirectement des biens, services ou causes.
Le statut de l'agent d'influenceur et l'ARPP
Le statut d'agent d'influenceur consiste à représenter, contre rémunération, un créateur exerçant une activité d'influence commerciale dans ses relations avec les annonceurs, une fonction qui recoupe sans s'y confondre celle du talent manager. Au-delà de la loi, l'ARPP joue un rôle croissant de professionnalisation via son Observatoire de l'Influence Responsable : 194 000 contenus analysés au premier semestre 2025 (contre 60 238 sur toute l'année précédente, un bond rendu possible par une nouvelle méthodologie fondée sur un grand modèle de langage développé avec Reech), 9 810 collaborations commerciales confirmées, 84 % de taux de conformité global. L'écart entre créateurs certifiés et non certifiés est net : 76 % de conformité chez les certifiés contre 51 % chez les non-certifiés.
Quatre précisions réglementaires apportées entre fin 2025 et l'été 2026
Le cadre a continué de se préciser au fil de plusieurs textes d'application, confirmés par recherche externe. Le décret n° 2025-1137 du 28 novembre 2025 (en vigueur au 1er janvier 2026) rend obligatoire, sous peine de nullité, un contrat écrit dès qu'une campagne cumule 1 000 € HT pour un même annonceur et un même objectif promotionnel sur une année civile. La responsabilité solidaire entre annonceur et influenceur envers les tiers figure dans la loi de 2023 elle-même, pas dans ce décret. Le décret n° 2026-233 du 30 mars 2026 encadre la promotion de formations financées par le CPF (mention obligatoire, SIRET de l'organisme). La loi n° 2026-602 du 8 juillet 2026 fait de la France le premier pays de l'UE à interdire la publicité pour la mode ultra-express (Shein, Temu), interdiction effective au 1er janvier 2027. Un dernier volet (loi « Studer », code du travail depuis 2023) protège les mineurs de moins de 16 ans : autorisation DREETS obligatoire, 90 % des revenus consignés à la Caisse des dépôts jusqu'à la majorité.
Application pratique : vérifier la conformité d'une collaboration
Pour évaluer si une collaboration relève de ce cadre, il convient de vérifier les trois éléments cumulatifs de la définition légale, l'existence d'un contrat conforme (écrit dès 1 000 € HT), et le statut de la personne représentant le créateur. La certification par un organisme comme l'ARPP, bien que non obligatoire, reste un signal de conformité observable.
Points clefs à retenir
- La loi n° 2023-451 du 9 juin 2023 encadre l'influence commerciale en France, avec une modification entrée en vigueur le 8 novembre 2024 qui précise la définition de l'activité d'influence commerciale.
- La loi française définit l'activité d'influence commerciale comme le fait, à titre onéreux, de mobiliser sa notoriété auprès de son audience afin de promouvoir directement ou indirectement des biens, services ou causes par voie électronique.
- Le statut d'agent d'influenceur défini par la loi française consiste à représenter, contre rémunération, une personne exerçant une activité d'influence commerciale dans ses relations avec les annonceurs, formalisant une distinction en trois maillons : créateur, agent, annonceur.
- L'ARPP joue un rôle croissant de professionnalisation dans la régulation de l'influence en France via son Observatoire de l'Influence Responsable, qui a analysé 194 000 contenus au premier semestre 2025 (contre 60 238 l'année précédente), dont 9 810 collaborations commerciales confirmées, avec un taux de conformité global de 84 %.
- Les créateurs certifiés par l'ARPP sont nettement plus conformes que les créateurs non certifiés : 76 % de conformité chez les certifiés contre 51 % chez les non-certifiés.
- Un contrat écrit est obligatoire pour une campagne d'influence dès qu'elle cumule 1 000 euros hors taxes de valeur pour un même annonceur et un même objectif promotionnel sur une année civile, depuis le décret n° 2025-1137 du 28 novembre 2025 (en vigueur au 1er janvier 2026), sous peine de nullité du contrat.
- Les créateurs ne pourront plus promouvoir des marques de mode ultra-express comme Shein ou Temu : depuis la loi n° 2026-602 du 8 juillet 2026, la France interdit toute publicité pour la mode ultra-express, y compris par des influenceurs, à compter du 1er janvier 2027.
- Les mineurs de moins de 16 ans mis en scène commercialement bénéficient des mêmes garanties que les enfants du spectacle : autorisation individuelle préalable de la DREETS (sous peine de 5 ans d'emprisonnement et 75 000 € d'amende en cas d'infraction), et dépôt de 90 % des revenus à la Caisse des dépôts jusqu'à la majorité de l'enfant.
- Un créateur qui fait la promotion d'une formation financée par le CPF doit, depuis le décret n° 2026-233 du 30 mars 2026, mentionner que la formation est financée par des fonds publics ou le CPF, indiquer la dénomination sociale et le SIRET de l'organisme, et renvoyer vers la réglementation applicable.
- Vérifier si une collaboration marque-créateur relève du cadre légal français implique de vérifier les trois éléments cumulatifs de la définition légale, l'existence d'un contrat conforme, et le statut de la personne représentant le créateur le cas échéant.